Lundi 15 mars 2010 1 15 /03 /Mars /2010 16:23
L’autre jour, j’ai visité une galerie supposée être chic. Personne ne répond à mon bonjour. Une jeune demoiselle complètement absorbée par je ne sais quoi, lève à peine les yeux puis replonge dans ses occupations. Je peux vous dire sans la moindre exagération que j’ai regardé toute l’exposition tranquillement et que pendant tout ce temps, la demoiselle qui était censée m’accueillir n’a pas levé les yeux une seule seconde.

Il y a des galeries où les visiteurs se sentent les bienvenus et d’autres où c’est le contraire.
Il y a des galeristes qui vous accueillent avec beaucoup de courtoisie pour vous mettre à l’aise et vous ouvrir la porte de la discussion, et il y en a d’autres qui vous regardent à peine ou qui vous ignorent. A côté de ceux-là, il y a aussi ceux qui vous disent bonjour poliment et vous laissent la possibilité d’explorer la galerie à votre guise sans vous déranger. Voici quelques anecdotes singulières mais réelles.

Un jour d’été à Lyon, en France, voulant initier ma nièce au marché de l’art, je l’emmenais au quartier des galeries. Tout se passait bien jusqu’à cette galerie tenue par une vieille dame toute fripée qui nous demande :

«Vous désirez?»

J’avoue que j’ai eu envie de lui répondre «jouer au tennis !», mais je me suis contenté d’un «à votre avis ?», puis ma nièce et moi nous sommes regardés, puis éclatés de rire avant de partir sans rien voir.

Nous étions probablement habillés trop cool pour cette dame. C’est vrai qu’en France, au Maroc, et généralement en Méditerranée, les apparences sont importantes.

Autrement dit : «L’habit fait le moine». À Honolulu (Hawai) par exemple, il y a une galerie où deux jolies demoiselles très légèrement habillées vous sautent littéralement dessus dès que vous pénétrez dans la galerie. Elles vous servent à boire et vous posent un tas de questions, du genre «Est-ce votre première visite ?» ou «Quel genre de peinture préférez-vous»...
En résumé, elles s’arrangent pour que vous n’ayez  pas envie de quitter la galerie, en espérant évidemment que vous mettrez la main au portefeuille. Dans une galerie à Hong-Kong, une petite demoiselle habillée très «classe» se met à quelques millimètres de vous (vous pouvez sentir l’odeur de son shampoing), s’occupe de vous, vous explique ce qu’il y a à expliquer, vous offre à boire, vous demande d’où vous venez en montrant beaucoup d’intérêt même si elle confond «Morocco» avec Monaco…
Au Canada et aux Etats-Unis, c’est généralement assez cordial mais sans trop de proximité. Mais il arrive quelques fois qu’on tombe sur des galeristes plutôt cools, et parfois assez extravagants comme celui qui vous dit par exemple
 «Si vous n’achetez pas cette toile c’est que vous êtes stupide», puis éclate de rire tout seul.

Enfin, en visiteur anonyme, on en voit de toutes les couleurs. Certains sont clairement des galeristes par vocation et d’autres sont là à défaut de trouver mieux à faire.

Par : Hamid Bouhioui

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Publié dans : Marché de l'art ? - Communauté : Art contemporain
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Commentaires

On ne dit pas ces choses en France, c'est tabou, interdit de parler de ces réseaux de complaisance qui parfois avouent faire travailler un artiste qui venait de la rue, la rue veut dire qu'il n'était pas en relation avec du "beau monde".
Commentaire n°1 posté par Résoart le 22/06/2011 à 13h28

Par Watch_in_Mandaland - Ecrire un commentaire

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